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UTMB, il m’aura fallu 5 ans…

L’UTMB, 4 lettres, 5 ans

Voilà 5 ans que je me suis mis au trail, depuis ce jour d’Août 2007 où j’ai découvert, un peu par hasard ce sport dans les rues de Chamonix avec mon épouse.
A l’époque, jeune et probablement un peu insouciant, je me lance le défi de faire un jour moi aussi cet UTMB… il m’aura fallu 5 ans pour enfin avoir le sentiment du travail accompli.

La route a été longue, parfois difficile mais souvent agréable, avec des hauts et des bas, parsemée des moments d’euphorie et de doutes, de victoires et de défaites, de moments de fierté et d’autres moins glorieux, bref ce que j’ai vécu ces 5 années ressemble fortement à ce que l’on peut ressentir sur un ultra.

Le jour où j’ai décidé de ‘faire’ l’UTMB, sans même savoir ce que signifiait faire un footing d’une heure, je ne savais pas vraiment ce que cela impliquerait, ce que je savais c’est que j’étais motivé et que j’allais tout faire pour donner les moyens de mener à bien ce petit projet personnel.
Ce jour, j’ai donc ‘symboliquement’, comme commencé un nouveau ‘livre’, un livre qui ne pourrait se refermer que lorsque le dernier chapitre serait écrit.

A travers ce récit, je vais donc livrer le résumé des 5 premiers chapitres de ce livre, les chapitres d’ores et déjà écrit, ce récit constituant pour sa part le sixième et dernier chapitre.


L’avant course 

 

Cette année pour cet UTMB, j’ai essayé de mettre toutes les chances de mon côté.
Tout a été pensé, pesé, maîtrisé :

  • l’entrainement tout d’abord avec une saison bien gérée grâce aux nombreux conseils fournis par Alain Roche et Marat3h de kikourou. Mise à part 3 semaines avec un souci au genou juste avant le Trail Verbier Saint Bernard, aucuns soucis à déplorer. J’ai notamment pu caser 2 grosses semaines de montagnes dans les Pyrénées qui auront vraiment fait du bien.
  • le poids ensuite que j’ai essayé de prendre en main dès le mois de Mars lorsque je faisais presque 85kg (pour 1m83) pour arriver la veille de l’UTMB à 76.7kg
  • la gestion du sommeil que j’ai peaufiné depuis 3 semaines avec des siestes, des heures de coucher plus tôt et de lever plus tard pour arriver sans aucune fatigue le jour de l’épreuve
  • et enfin, dernier paramètre, mais pas des moindres : la motivation. Cette année, suite à mon échec au Verbier, je suis remonté à bloc, motivé comme jamais et je le sais, ce sera un de mes gros atouts
Bref, au départ, tous les paramètres dont j’ai la maîtrise sont au beau fixe.
Reste un dernier paramètre, non-maîtrisable celui-là, il s’agit de la météo… et cette année il nous aura joué bien des tours.
Un chamboulement météo assez violent est prévu pour la course : froid, vent, pluie, neige et brouillard, voilà le topo.
Dans ces conditions, l’organisation prend la décision de changer le parcours, il ne sera pas possible selon elle de monter sans risques à 2500m comme le prévoit plusieurs fois le tracé original.
En lieu et place du tour du massif du Mont Blanc, l’organisation nous propose un parcours exclusivement sur le territoire français, sans jamais monter plus haut que 1900m.
Evidemment, la nouvelle ne fait pas plaisir, quand bien même elle serait normale et raisonnée.
Quelle déception, après l’annulation de course en 2010, je me dis que je n’arriverai jamais à finir cet UTMB une seconde fois.
Et cette année, je me sentais vraiment prêt à bien faire, prêt à enfin pouvoir ‘tourner la page’ UTMB, finir mon petit défi personnel.
La déception est grande… et pourtant je refuse de ‘baisser les bras’… pas après mon échec sur le Verbier, pas après avoir fait tous ses efforts pour être dans la forme de ce jour-là, pas après avoir fait subir à mon épouse ces dernier jour de stress pas facile à gérer.
Non c’est décider, la météo ne m’empêchera pas de faire ma course… elle m’empêchera de faire l’UTMB mais pas ma course.
Je change de stratégie de course : gérer la course pour la finir en la maîtrisant du début à la fin c’était le plan pour l’UTMB… mais je le sais, ce ne sera pas suffisant pour que je sorte satisfait de cette nouvelle course que l’on nous propose.
La nouvelle stratégie du jour prend forme : pour que je sois satisfait de ma course sur ce nouveau parcours, il va me falloir me surpasser, allez plus loin dans l’effort que d’habitude, ne pas relâcher l’effort coûte que coûte… oui je le sais, si je termine la course dans ces conditions je serai satisfait… alors allons au casse-pipe.
Mais avant ça, je suis bon pour repenser et refaire tout mon sac.
Le profil de course ne nous est dévoilé que  2 heures avant le départ, le sac de mi-course n’existe plus et les postes de ravitaillements ne sont pas encore connus.
Il faut donc prévoir le ravitaillement perso un peu au hasard.
Mon sac s’alourdit, je décide de ne pas tenter le diable et de prendre 4 couches pour le haut :
  • un t-shirt manche courte avec des manchettes que je porterai sur moi dès le départ
  • un t-shirt thermique Odlo non prévu au départ, celui que je mets lorsque je vais au ski l’hiver
  • une polaire Kalenji
  • une veste GoreTex en lieu et place de mon coupe-vent RaidLight habituel sur trail
Pour le bas, je pars en long avec un collant RaidLight WinterTrail, que je mets habituellement en hiver, notamment sur la SainteLyon. Et en plus bien entendu, le sur-pantalon imperméable que je n’utiliserai finalement pas.
Le reste, bonnet, buff, gant et sur-moufle imperméable… du matériel qui m’a bien servi et qui n’était pas de trop.

Chamonix – Saint Gervais : 20.88 km | 1123 D+
Cumul : 20.88 km | 1123 D+
02h59 de course | 1305 ème

Résumé du chapitre 1 : je commence donc la course à pied en septembre 2007 et porte mon premier dossard la même année à l’occasion de la course nature ‘La Persjussiène’. Sympathique balade d’une dizaine de kilomètre où je rencontre mes premiers ‘kikoureurs’ et pas des moindres puisqu’il s’agit ni plus ni moins de la Rapace family 🙂 
Fort de cette première expérience, je tente le trail blanc du Semnoz en début 2008, là encore tout se passe pas trop mal et le virus commence doucement à prendre.

Je monte ensuite un peu le kilométrage et tentes mon premier trail, ce sera Les Glaisins, un trail dont je suis tombé sous le charme depuis. Puis ce sera au tour du Nivolet Revard, ma première participation à un trail avec pas mal de dénivelé. Grosse fierté d’arrivé au bout de ce qui me semblait être une montagne… là c’est sûr le virus est pris… la course est lancée 😉

En comparaison du chemin restant à parcourir, la suite semble ‘facile’… ce sera les Allobroges pour moi. Sur le papier, beaucoup plus facile que l’objectif de l’année : la CCC… mais quelle appréhension j’avais au départ. Je ne me voyais pas le finir, trop dur, trop long, trop dénivelé, … et pourtant encore une fois, c’est passé avec une grande fierté et ma première arrivée en famille.

La suite sera moins difficile que prévu avec un trail des Glaciers de la Vanoise magnifique mais raccourci à cause de la météo… ma première modification de parcours décidé par Dame nature.

Le point culminant de cette première année : la CCC… premier ultra pour moi et première grosse sensation tout au long de la course. Le frangin au ravito, ma femme et ma fille à l’arrivée, tout était parfait !

Le départ toujours impressionnant dans les ruelles de Chamonix

Le départ toujours impressionnant dans les ruelles de Chamonix

Le départ est donc donné à 19h au lieu des 18h30 prévue.
On part ensemble avec Stéphane, en toute fin de peloton probablement dans les 200 derniers.
Il nous faudra 15 bonnes minutes avant de pouvoir commencer à trottiner.

Mon épouse, mes enfants et mes beaux-parents m’attendent à la sortie de la rue principale de Chamonix, j’en profite pour faire un dernier bisou à ma fille et mon fils… et c’est parti, je rentre dans ma bulle.

J’ai en mémoire la TDS de l’an dernier, une course où j’avais vraiment réussi à me créer une ‘bulle’ dans laquelle je suis resté tout au long de la course. Une bulle dans laquelle je suis concentré sur mes sensations, sur les choses qui se passent bien, sur celle qui pourraient potentiellement me causer du tort, une bulle dans laquelle rien de ce qui se passe n’est un problème, où tout ce qui se passe ne se résume qu’à un paramètre à intégrer à la course. Bref une bulle protectrice dans laquelle je ne risque rien… à condition de bien faire attention de ne jamais en sortir.

Le but sur ce début de parcours, c’est donc de rapidement réussir à rentrer dans ma bulle, tout en jouant le jeu que je me suis fixé : pas de départ cool pour ne pas se griller, mais tenter un départ plus rapide et  aviser en cours de route sur le rythme.

La première partie, jusqu’aux Houches est agréable, tout en vallonné sans gros coup du cul mais avec quelques faux plat et quelques petites montées que je passerais toutes en footing. Je sens que je force déjà un peu sur certaines parties, qu’en temps normal j’assurerais le coup en marchant un peu sur ces portions, mais aujourd’hui, ce n’est pas ce que j’ai envie de faire alors je maintien le rythme.

J’arrive finalement aux Houches où je fais un arrêt rapide de 48 secondes, juste le temps de remplir un bidon et d’attraper 2 biscuits salés que je mangerai en quittant le ravitaillement.

Je suis en nage sous ma goretex

Je suis en nage sous ma goretex dans la montée au Delevret

La suite, c’est la première montée, au Delevret.
Je suis parti en t-shirt manche courte, manchette et ma goretex… résultat, j’ai trop chaud et je transpire.
Je sens que mon t-shirt est trempé et je sais qu’au sommet, il fera froid, il fait toujours froid sur ce premier sommet, alors il faudra que je sois vigilent pour ne pas prendre froid bêtement.

La montée se passe bien, je garde un bon rythme et trottine une bonne partie de la montée, dès que la pente n’est plus trop importante.
Je pointe donc au Delevret en 1305ème position, en étant parti probablement aux alentours de la 2200-2300ème position… pas loin de 1000 personnes doublées en 13 kilomètres, le ton est donné… reste maintenant à assumer ce départ un peu rapide.

Après le Delevret, il y a une partie ‘plate’ au sommet avant d’attaquer la descente.
Sur cette partie, j’accélère encore un peu, il fait froid, j’ai les doigts qui commence à être douloureux, je sors les gants, les tiens bien en main sans m’arrêter de courir. Je passe le gant gauche, puis je me rends compte que j’ai laissé tomber mon gant droit par terre… le retrouver dans la nuit avec toute cette foule ne va pas être chose facile, mais je ne peux clairement pas continuer sans ce gant, je fais donc demi-tour et heureusement je le retrouve quelques mètres plus loin, tomber hors d’une flaque de boue… je limite les dégâts par chance sur ce coup.

Je passe donc mes gants, et mets mes sur-moufles pour réchauffer les mains malgré le vent glacial. Puis je relance sur un faux plat montant avec les dragonnes de mes bâtons en place sur mes poignets.
Tout en courant, mon bâton droit se ‘coince’ dans un filet tendu au bord du chemin… avec l’élan de ma course, la sentence est inévitable : la dragonne casse nette…
Bon il va falloir faire avec, ou plutôt sans dragonne ce qui va m’obliger à serrer mon bâton, ce qui n’est pas idéal en montée…

Puis arrive enfin la première descente, assez raide sur Saint Gervais.
Je vais faire cette descente sans vraiment me retenir, mais sans trop forcer non plus.
Pourtant je double encore pas mal de coureurs qui hésitent à courir dans cette descente rendue très glissante par la pluie.

J’arrive à Saint Gervais au bout de 2h59 de course (23 minutes plus rapidement qu’en 2010 alors qu’on avait eu 5mn de bouchon de moins au départ). Prêt de 30 minutes plus rapide qu’en 2010 sur 3 heures de courses, alors qu’en 2010 en disait après coup être probablement parti trop rapidement… décidément, je joue bien mon jeu de départ plus rapide… j’espère ne pas le payer derrière.

Encore un arrêt bref, 1 minute 08 en tout, juste le temps de remplir de nouveau mes bidons et repartir pour la suite.

 Saint Gervais – La Balme : 17.94 km | 1249 D+
Cumul : 38.82 km | 1698 d+
06h07 de course | 833 ème

Résumé du chapitre 2 : une nouvelle saison commence : 2009. La reprise se fera en douceur avec le trail du Vulcain et les Glaisins… l’objectif 2009 étant l’UTMB, acte 1

Mais avant cela, ce sera un superbe séjour dans le Cantal avec Flo et Patricia, superbe mais avec quelques désillusions : la difficulté des “series” de la merrell sont terrible et physiquement je suis trop juste pour les franchir… premier semi-échec en trail et premiers doutes

Les doutes seront levés rapidement avec la montagn’hard. Colossale à l’époque, je croyais qu’après ça, si ça passait, ce serait bien parti, qu’après ça tout serait plus facile… et pourtant, si je savais, la course ne fait que commencer et je vais apprendre que franchir une difficulté aussi grosse soit-elle ne garantit en rien de franchir les suivantes.

Puis vient enfin l’UTMB : ça y est, j’y suis… mais trop fatigué par la route accomplie jusqu’ici. Dommage, je serai finisher, mais pas dans ma tête : aucun plaisir durant cette course subie, ceci probablement dû à trop de fatigue accumulée jusqu’ici. Du coup je n’arrive pas à tourner la page… l’UTMB reste mon objectif, comme-ci je ne l’avais jamais fini… le livre n’est donc pas terminé…

Après cette longue route, je reprends sur un chemin plus simple, sans contrainte. Je participerais au Trail des Aiguilles Rouges en accompagnant mon frère puis à l’Arrancabirra pour l’ambiance, et je finirai cette saison 2009 par une superbe découverte : la Saintelyon avec Nath et Cedric !

La suite de cet UTMB, je le sais, risque d’être difficile pour moi. J’ai encore en mémoire ma course de 2009 où j’avais littéralement explosé sur cette partie.

En partant de Saint Gervais et de son ambiance de folie, on part pour une section longue de 10km durant lesquelles on ne prend ‘que’ 670 mètres de dénivelé positif…autant dire que c’est très roulant et peu pentu.

Section difficile à gérer. Marcher c’est s’assurer de ne pas griller trop d’énergie mais c’est aussi une garantie de perte de temps assez importante. Trottiner, c’est prendre le risque de se griller physiquement, mais en contrepartie, la section est moins pénible et passe plus rapidement.

Fidèle à ma stratégie du jour, je fais quasiment tout en trottinant, jamais rapidement mais très rarement en marchant. Au final, je ferai cette section à 72% de ma FCMax, et en moyenne aux alentours de 8-9 km/h. Pour une section principalement en faux plat, et au vue de mon niveau de coureur, c’est plutôt un bon rythme.

Et ça paye, je mettrais au final 18 minutes de moins qu’en 2009. Sur moins de 10km, c’est un gain non négligeable.

Juste avant d’arriver au ravitaillement, je me rends compte que je n’ai pas bu la totalité de mes 2 bidons. Il me reste un bon 1/4 de bidon à boire. J’en profite donc pour prendre ma première dose de 120g de Sport Dej, la recette d’Alain Roche, que je prends quotidiennement au petit déjeuner depuis maintenant plusieurs mois.
J’ai décidé de ne tourner quasiment  qu’avec ça sur cette course, et pour faciliter la prise et limiter le risque de lassitude, je suis le conseil de mon épouse : je le prends très liquide, même quantité de liquide que de mélange de Sport Dej.
Je fais le mélange directement dans un de mes 2 bidons, et boit ça dans la foulée juste avant d’arriver au ravitaillement.

Une fois au ravitaillement, je n’ai du coup plus qu’à nettoyer mon bidon et les remplir pour repartir au plus vite. 3 minutes 47 d’arrêt sur ce ravitaillement dont facilement 2 minutes à simplement essayer de m’extirper de l’énorme bouchon qui s’est formé au ravitaillement.

Après le ravitaillement des Contamines, il reste quelques kilomètres (4) encore en faux plat montant. Je maintiens le rythme ‘trottinage’ et sent sur la fin les crampes qui arrivent au niveau des 2 quadriceps, après seulement 30km. Je paye mon départ un peu rapide mais ne m’affole pas, c’est la stratégie du jour et j’allais forcement à un moment donné devoir en payer le prix… le moment est venu, il faut simplement que j’intègre cette nouvelle donnée pour pouvoir continuer avec.

Par chance, quasiment au même moment, la pente s’incline enfin. Fini la course, je passe en mode marche active, me force a bien boire et croque un sportenine. Les crampes, bien que toujours ‘à la limite’ ne se déclenchent pas et je peux maintenir le rythme.

Juste avant la Balme, je commence à vraiment avoir très froid. Mon T-Shirt est trempé de transpiration et cela a pour conséquence de vraiment accentuer la sensation de froid.
Impossible de me changer dans cette montée, il fait bien trop froid pour que je me mette en torse nu ne serait-ce que quelques secondes. Je décide d’attendre le ravitaillement de la Balme, où normalement on aura droit à un feu (j’ai souvenir que c’était le cas en 2009). De nouveau une nouvelle donnée à intégrée finalement, rien d’anormal et de bien grave donc 🙂

Puis juste avant le ravitaillement, c’est ma frontale, une Led Senser qui éclaire comme un phare et qui renvoi ma Petzl RXP au stade de veilleuse, qui montre des signes de faiblesse. Elle se met à clignoter pour me prévenir que les piles commence à être vide et qu’il faut vite les changées… au bout de seulement 4h d’utilisation.
Rapide calcul : j’ai un autre jeu de pile de rechange dans le sac, il est environ 1h du matin, ce qui veut dire que si je change de pile maintenant, vers 5h du matin je serai en rade…
Et hop… une nouvelle donnée à intégrée, euhhh faudrait peut-être que ça se calme là:)

J’arrive finalement à la Balme en 1h41, encore 13 minutes plus rapide qu’en 2009 sur ‘seulement’ 8km.

Au ravitaillement, il y a effectivement un grand feu.
Je me mets à coté, et en profites pour me changer. Je me mets torse nu et troque mon t-shirt et mes manchettes contre ma micro polaire manche longue Odlo.
Au sec et avec une couche un peu plus thermique, que ça fait du bien, quelle bonne idée j’ai eu de prendre cette couche supplémentaire, sans elle je ne suis pas sûr que j’aurais pu finir la nuit, je commençais vraiment à avoir très froid dans mon t-shirt trempé.
Une fois changé, je remplace les piles de ma frontales et prend avec moi ma lampe de secours (la RXP) pour finir la montée et économiser la Led Senser pour l’avoir dans les descentes.

Toute ces manipulations m’auront pris 13 minutes 03 d’arrêt… mon plus long arrêt sur cette course, mais il était nécessaire.

Je quitte le ravitaillement au bout de 6h07 de course, soit 44 minutes plus rapidement qu’en 2009 sur environ 38km… soit 1’09 de moins au kilomètre.

La Balme – Les Contamines : 15.28 km | 543 D+
Cumul : 54.10 km | 2915 D+
08h33 de course | 781 ème

Résumé du chapitre 3 : 2010 et de nouveau l’UTMB en ligne de mire avec l’envi de moins subir ma course qu’en 2009. La reprise se fera en douceur pour préparer la suite  avec les glaisins et l’ultra montée du Salève.

S’en suit une grosse montée en puissance, je me sens bien et fait un beau trail des Allobroges, puis ce sera la première étape de la GTA.

Mais sur la fin ça n’avance plus comme je le voudrais, des blessures qui me forceront à renoncer au Trail Verbier Saint Bernard et une météo capricieuse qui obligera les organisateurs à stopper l’UTMB… ce ne sera encore pas pour cette année… le livre n’est donc toujours pas terminé…

Avant de finir cette saison, je refais la SainteLyon, avec Flo ce coup-ci et encore une fois beaucoup de plaisir pris… mais en lançant un objectif que je sais réaliste mais très difficilement accessible : la Sainte d’argent… ce ne sera pas pour 2010 pas le niveau encore et une météo la encore très difficile…

En partant du ravitaillement, mon arrêt assez prolongé m’a probablement fait perdre pas mal de place, mais je ne m’affole pas et reste concentré, toujours dans ma bulle depuis le départ.

Je n’ai toujours pas utilisé mon iPod que je me garde pour m’aider si j’ai un passage à vide ou pour m’aider à me réveiller si besoin.

La fin de la montée se passe bien, les crampes menaces toujours, mais j’arrive à bien les contenir pour le moment.

Arrive enfin la longue descente sur les Contamines. Maintenant, en descente je ne me freine plus du tout, et suis même plutôt dans l’effort pour maintenir une bonne vitesse.

Résultat, je double pas mal dans cette descente, j’espère simplement que mes quadriceps ne me le feront pas trop payer… mais faut avouer que je prends un pied d’enfer à ‘envoyer’ dans cette descente. Tout semble facile, presque fluide et naturel alors que l’an dernier encore les descentes étaient vraiment ma bête noire. Le trail des Allobroges, fait avec Flo, m’a permis de ‘décoincer’ quelques choses en descentes car depuis cette course, tout va mieux de ce coté-là.
J’ai souvent lu que pour progresser en descentes et faire sauter des ‘verrous’, il était intéressant de se forcer à suivre un bon descendeur… avec mes diverses sorties avec Flo je suis servi, merci m’sieur 😉

Au ravitaillement des contamines, pour la seconde fois, il y a bien moins de monde qu’à l’aller, c’est plus agréable.
Je reprends une dose de 120g de Sport Dej’, rempli mes bidons et ai la joie de découvrir un stand Petzl qui propose des piles neuves !!! Je saute sur l’occasion de changer les piles de ma Led Senser… maintenant je suis paré pour finir la nuit, un souci de moins. A partir de maintenant je n’aurais plus besoin de minimiser la puissance de ma frontale à chaque montée pour économiser les piles, choses que je fais depuis la Balme.
Au final, je me serais arrêté 6 minutes 14 sur ce ravitaillement

Les Contamines – Les Houches : 17.62 km | 1222 D+
Cumul : 71.72 km | 4144 D+
12h03 de course | 578 ème

Résumé du chapitre 4 : C’est donc reparti en 2011 avec ce coup-ci la TDS en ligne de mire. Grosse motivation au départ de la saison avec un partenariat coaching avec Alain Roche qui m’amène en bonne forme au trail des Glaisins

Mais comme souvent, une blessure viendra polluer la saison, ce coup-ci c’est le ménisque qui me contraint à mon premier abandon en course sur les Aravis, le genou est coincé…

La suite de la saison sera pourtant relativement bien maîtrisée avec une belle course sur l’objectif de l’année : la TDS.

Je rajoute même derrière la TDS le kilomètre vertical de Nantaux pour le fun et surtout pour le faire entre pote, puis je fini la saison par la désormais traditionnel SainteLyon avec Flo encore une fois… et encore une fois un objectif atteint et un max de plaisir… mais toujours pas de Sainte d’argent…même si on s’en approche un peu 😉

En repartant du ravitaillement, je commence pour la première fois de la course à songer à l’arrivée, à penser à Chamonix.
Je fais un rapide calcul : j’ai mis 8h30 pour faire 54 km, il m’en reste 50 (en fait 56, mais ça je ne le sais pas encore ;)). En compte que je vais forcement ralentir un peu, je peux viser les 18h, il me reste alors 9h30 pour faire 50km…, ça fait du 5 à l’heure, avec la fatigue et le nombre de montées qu’il nous reste à faire, je me dis que c’est jouable, mais qu’il ne faudra pas relâcher l’effort, bref un joli défi pour m’aider à rester “dans l’effort”.

La première montée qui suit le ravitaillement est relativement courte et me prendra un peu moins de 3/4 d’heure avant d’attaquer la descente elle aussi très courte, environ 25 minutes à peine.
C’est une partie où j’arrive encore assez bien à relancer et où je double pas mal de concurrents qui semble plus à la peine.
Pourtant je la craignais cette partie de nuit, à partir de 4h du matin, j’ai souvent un gros coup de pompe sur ces courses.

Le coup de fatigue va finalement me tomber dessus dans la montée suivant, sur Bellevue.
C’est une montée nettement plus longue, et force est de constater qu’en montée, qui plus est de nuit, on est beaucoup moins alerte qu’en descente, et cela amène forcement une certaine lassitude qui elle-même accentue la sensation de fatigue.

Je décide donc de sortir mon iPod dans cette montée. Le son bien fort dans les oreilles pour maintenir éveille.

Me voilà maintenant aux alentours de la 600ème place. Et je dois me rendre à l’évidence que depuis quelques temps, les concurrents avec lesquels je suis ne sont pas des enfants de coeur : ça relance très souvent, ça monte très fort, ça descends plutôt pas mal… bref les places vont commencer à être très difficile à aller chercher, il y a du niveau autour de moi.
D’ailleurs, chose un peu déstabilisante et inhabituel sur ultra pour moi, je n’ai clairement pas le niveau de mes camarades du moment en montée… impossible pour moi de tenir leur rythme même si je ne traîne pas.

Heureusement, sur les parties roulantes j’arrive à refaire mon retard et même à prendre un peu d’avance sur la plupart de ceux qui m’ont doublé en montée.
Et quand arrive la descente, j’arrive carrément à prendre mes distances et à gagner des places.
C’est vraiment un changement radical dans ma façon d’aborder la course… pile à l’opposé de ce que j’ai toujours fait jusqu’à présent.
Habituellement, je double en montée, me maintien sur le plat et essaye de limiter la casse en descente.
Aujourd’hui, je gère les montées de façon à ne pas perdre trop de place sans pour autant trop forcer, et je gagne du temps sur le roulant et le descendant.
Le monde à l’envers 😉 mais j’ai l’impression que ça me correspond mieux : j’ai moins l’impression de subir ma course et mon rythme !

Sur la fin de la montée, je tombe sur un morceau de Noir Désir… ni une ni deux, j’enlève le mode aléatoire de mon iPod et me fait une session FULL Noir Dé 😉 Le pied total 🙂

Puis enfin Bellevue et son ravitaillement, je ne prends même pas la peine d’aller remplir mes bidons, je ne vais même pas jusqu’au table de ravitaillement et continu mon chemin sans m’arrêter le moindre seconde sur ce ravitaillement… c’est l’effet Noir Désir 😉

Arrive enfin la descente sur les Houches. Un moment d’anthologie de cet UTMB à coup sûr.
Il faut imaginer une descente assez raide, en terre, sur laquelle il pleut depuis des heures et sur laquelle est passé environ 1000 coureurs de la TDS avant nous plus les quelques 600 coureurs de l’UTMB qui sont devant moi.
Autant dire que cette descente est une vraie patinoire de boue. Je vois plusieurs fois (3 il me semble) des personnes perdre leurs chaussures parce qu’elle a été aspirée et collée par la boue, je vois environ 10 ou 15 chutes. Chaque pas est un challenge : le pied va glisser, c’est sûr, mais où ? ça on ne le sait jamais trop à l’avance 😉
Personne autour de moi ne tente ne serais-ce qu’un léger footing sur cette descente, tout le monde assure le moindre pas… probablement que sans l’iPod, j’aurais fait comme eux…
Oui mais voilà, Noir Désir à sur moi des effets quelques peu enivrant  : je dévale la pente sans rien calculer, à fond les ballons, conscient qu’il ne m’est pas possible de m’arrêter à cause de la boue, conscient que chaque virage à très peu de chance de passer, conscient que ce n’est pas bien normal que je sois le seul à courir ici, conscient que je prends des risques, qu’une mauvaise chute ici pourrait mettre un terme à ma balade… conscient de tout cela, mais complètement griser par cette descente qui m’a beaucoup rappeler la descente gelée du bois d’arfeuille sur la SainteLyon 2010 avec Flo.

J’arrive finalement aux Houches en ayant gagné un peu plus de 200 places depuis les contamines en 3h30 de course… nan c’est sûr, l’effet Noir Désir est efficace chez moi 😉

Aux Houches, je m’accorde une dernière dose de sport dej’ que je prends vite fait dans mon bidon comme les précédentes fois.
Un petit bol de soupe par-dessus, je rempli mes bidons et repart au bout de 6 mn 11 d’arrêt, toujours motivé mais je sens que la fatigue va bientôt venir compliquer les choses.

Les Houches – Argentière : 21.68 km | 1540 D+
Cumul : 93.38 km | 5684 D+
16h41 de course | 536 ème

Résumé du chapitre 5 : nouvelle saison… 2012 et encore une fois l’UTMB au programme, avec une réelle envie de bien faire, de pouvoir enfin tourner cette page UTMB…

Ça commence assez bien avec un enchaînement Glaisins, Ultra Montée du Salève, 20km de Lausanne et Allobroges parfaitement maîtrisé et avec d’assez bon résultat pour mon niveau… la confiance est là.

Mais comme tous les ans, une douleur me contraint à stopper l’entrainement 3 semaines avant le Trail Verbier Saint Bernard auquel je participe tout de même… mais la sentence ne tardera pas : j’abandonne à mi-parcours. Mon premier abandon ‘volontaire’ et à la clé une bonne claque en plein visage, un bon retour sur terre : je ne suis pas à l’abri de l’abandon…

A la sortie des Houches, je regarde le profil : une montée, je ne sais pas où qui ne semble pas très pentue donc qui sera probablement monotone avec à la clé, très probablement, un combat à mener contre le sommeil.

Force est de constaté que mon analyse est la bonne… on monte au parc de Merlet, on y était allé avec ma femme et ma fille en 2010, c’est un parc très sympa où l’on peut découvrir pas mal d’animaux sauvage… oui sauf que pour y aller, c’est prêt de 6km de bitume en montée… l’horreur en terme de monotonie et typiquement le genre de portion qui vont, je le sais depuis la TDS l’an dernier, me fusiller la voûte plantaire et par la même occasion venir me titiller le moral.

Et sur le terrain, ça se concrétise, j’essaye juste de marcher à un bon rythme, sur ce genre de faux plat montant, c’est assez facilement ‘faisable’. Mais même en donnant du rythme je vais me faire doubler une bonne dizaine de fois… décidément, ça me fait bizarre de dire ça, mais je n’ai clairement pas le niveau en montée par rapport à ma position dans le classement.

La montée me prendra une heure… une très très longue heure durant laquelle je vais lutter pour ne pas m’endormir : horrible.

J’accueille avec joie la descente, mais pas de chance, elle sera très très courte, une petite vingtaine de minutes durant lesquelles je vais me réveiller un peu et regagner quelques places.

En allant sur Planpraz, il faut sans cesse relancer

En allant sur Planpraz, il faut sans cesse relancer

La suite, sur le profil, ne fait pas trop envi : une longue partie roulante de 8km environ durant lesquelles je le sais, je devrais courir un maximum malgré les douleurs, la fatigue mentale, la fatigue musculaire et les douleurs qui sont maintenant bien présentes (releveur droit en vrac, tendon d’Achille, genou gauche qui couine, …).

J’arrive à courir quasiment tout du long, mais que ce fut difficile, j’aurais vraiment aimé relâcher l’effort à ce moment-là, mais je savais que je ‘pouvais’ continuer à trottiner même si j’en avais vraiment pas envi. Là encore, l’expérience avec Flo (la SainteLyon 2011 ce coup-ci) m’aide pas mal -> j’ai appris ce jour-là que ne plus pouvoir courir, ça ne veut pas forcément dire ‘ne plus pouvoir courir’ 😉 (si si j’vous jure ;))

On tombe sur le ravitaillement de la gare de planpraz que je croirais être le lieu ‘Les Tines’ qui indique sur le profil la fin de cette partir roulante : je suis content, je n’ai pas lâché malgré l’envi, j’ai couru toute cette partie très cassante !!!
Du coup je ne m’arrête pas à ce ravitaillement, comme à celui de Bellevue : je le zappe purement et simplement.

Je trouve que la montée tarde à venir après ce ravitaillement, pourtant sur le profil c’est direct après ‘Les Tines’.
Puis je tombe sur un panneau qui indique aux randonneurs les temps de marche pour aller à un endroit. Quel ne fût pas ma (mauvaise) surprise quand je vois marquer : ‘Les Tines à 1h’ !!!
Le coup de bambou… il me reste encore 1h de marche jusqu’au Tines alors que je pensais y être passé il y a quelques minutes déjà…

Enfin Les Tines !!!

Enfin Les Tines !!!

 

Je relance la machine, et il me faudra 30mn de course de plus pour rallier enfin Les Tines !!!

Enfin la montée, je l’attendais celle-là, parce qu’en montée, j’ai le droit de marcher 🙂
Oui mais celle-ci, bien que courte (3.40km pour 500m de D+), va presque m’achever… je vais mettre presque 1h pour parcourir ces 3.4km… je suis collé à la pente, et me fait doubler une bonne 20ène de fois.

Heureusement, je me refais un peu dans la descente sur Argentière ou je passe en 536ème position.

De nouveau je fais un arrêt rapide, juste le temps de remplir mes bidons, et je décolle 2 minutes 44 après être arrivé

Argentière approche... dernier ravitaillement, la fin est proche

Argentière approche… dernier ravitaillement, la fin est proche

Argentière – Chamonix : 10.04 km | 178 D+
Cumul : 103.42 km | 5862 D+
18h10 de course | 531ème

10 km… il me reste moins de 10km à faire.
Je le sais maintenant, c’est mort pour les moins de 18h, mais je ne devrais pas en être bien loin si je me force à courir encore un peu. 1h19 pour faire 10km, ça semble largement faisable, mais bon je ne me fait pas d’idée : la descente sera entrecoupée de petite remontée qui casseront le rythme, et j’ai déjà 100 kilomètres dans les jambes… tenir un presque 10 km/h ne sera pas possible.

J’appelle mon épouse pour la prévenir que j’arrive d’ici une grosse heure. Je commence vraiment à me projeter dans cette arrivée que j’avais complètement loupée en 2009 lorsque j’avais terminé l’UTMB pour la première fois… cette arrivée qui avait définitivement fait passer mon UTMB 2009 dans la catégorie des rares trails dont je n’étais pas satisfait.
Une course  subie quasiment du départ jusque l’arrivée, un plaisir proche du néant sur la quasi-totalité des 43h de balades et une arrivée rêvée avec ma fille qui n’aura jamais lieu, voilà les 3 ingrédients avec lesquels j’ai dû composer en 2009… alors oui, j’avais fini le vrai parcours de l’UTMB, mais définitivement je n’arrivais pas à m’en satisfaire.
L’UTMB, c’est la course qui m’a donner envie de faire du trail, qui m’a fait rêver, je ne pouvais pas en rester là… il fallait que je le finisse ‘autrement’ pour pouvoir tourner la page.
2010 et l’arrêt de course pour météo désastreuse ne m’a pas permis d’arriver à ce but.
2012 et son changement de parcours, qui ressemble à tout sauf à l’UTMB, semblait me promettre à une nouvelle année ‘pour rien’ encore une fois… 

Les traits sont maintenant bien tirés...

Les traits sont maintenant bien tirés…

La fin est super roulante, il faut encore que je me fasse violence pour me forcer à courir, bien que trottiner serait un terme plus juste à cet instant de la course.

Mais le plaisir est toujours là

Mais le plaisir est toujours là

On approche de Chamonix, je le sens et au détour d’un petit virage, je vois les premiers bâtiments… j’y arrive enfin, Chamonix…Je reprends mon téléphone pour appeler mon épouse et lui dire que j’arrive d’ici 10 minutes… et là, coup de panique, elle est toujours à l’hôtel avec les enfants…
Elle me dit qu’elle sera là à l’arrivée, avec les enfants, mais je sens dans sa voie qu’elle stress un peu, je raccroche et stress à mon tour : et si elle n’avait pas le temps de venir… et si l’histoire de 2009 se répétait ??? Non ce n’est pas possible, je cogite, marche et me fait doubler… puis j’arrive à 1km de l’arrivé, un dernier pointage, je reprends mon téléphone.
Ce coup-ci c’est bon : elle est à l’arrivée avec les 2 enfants !!! Je n’en crois pas mes oreilles, j’explose de joie : je vais l’avoir mon arrivée, je vais l’avoir.

Du coup je relance la machine et ne cours plus : je vole littéralement dans les rue de Chamonix… plus de douleurs, plus de fatigue, plus de stress, plus de bulle elle vient d’exploser à l’instant… je suis de nouveau ‘libre’ de son emprise.
Cette bulle qui m’a portée tout du long, qui m’a empêché de baisser les bras, empêché de ralentir, empêché de cogiter.
Cette bulle qui m’a permis de prendre tous les petits soucis apparu durant la course avec calme et qui m’a permis de les résoudre sans stress.
Cette bulle qui m’a empêché d’avoir trop froid, d’avoir trop mal, d’être trop fatiguée…
Cette bulle vient d’exploser, et elle me laisse à 1km de l’arrivée tout seul pour redevenir un peu plus ‘humain’ et profiter à fond de cette arrivée en famille…
Cette bulle, je m’en rendrais compte 1km plus loin, elle n’a plus lieu d’être puisqu’elle se matérialise devant mes yeux, un peu humide pour l’occasion il faut l’avouer…
Cette bulle c’est Camille, c’est Lenny, c’est Audrey… elle est là ma bulle, ils sont là je n’en reviens pas… c’est tel que je l’avais imaginé il y a déjà 5 ans…

Ma fille clos mon aventure

Ma fille clos mon aventure

Et mon fils dans mes bras

Mon fils est dans mes bras

Je décroche mon dossard et le donne à ma fille, symboliquement, c’est important pour moi que ce soit elle qui passe la ligne avec ce dossard, celui-là même qui grâce à sa puce intégrée stoppera officiellement mon chrono sur cette course.  Lenny quant à lui, sans doute encore trop petit, préfères se blottir dans mes bras, probablement un peu intimidé par tous les applaudissements et autres bruits de cloches que nous offrent chaque années les nombreux supporter de Chamonix. Il y a également mon neveu Raphaël qui participe à cette arrivé avec nous. Je passe donc cette ligne avec mes 2 enfants et Raphaël, ma femme et mes beaux-parents ne se trouvant pas loin… c’est magique… c’est fait… je l’ai fait.

L’UTMB 2012, soyons honnête ne ressemblait en rien à l’UTMB de par son parcours un peu ‘raboté’ et franchement très peu intéressant.

Mais dans ma tête, ce que je ‘cherchais’ depuis 5 ans, je l’ai eu sur cet “UTMB”… ma course n’a pas été subie, ma course n’a pas été ennuyeuse, et mon arrivée a été une vraie réussite.
L’UTMB, ça y est, je l’ai fait… j’ai fait le parcours en 2009 et je suis devenu finisher en 2012
L’UTMB, c’est une superbe course, et pour moi, une superbe histoire…
Aujourd’hui la page UTMB est tournée, probablement définitivement, ‘mon livre’ se termine donc, et à cet instant, je sais que je peux le refermer avec la satisfaction d’avoir fini ce que j’avais commencé il y a 5 ans déjà !

 

Pourquoi j'ai fait tout ça ??? La réponse en grande partie sur cette photo !

Pourquoi j’ai fait tout ça ??? La réponse en grande partie sur cette photo !

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24 comments to UTMB, il m’aura fallu 5 ans…

  • janolesurfeur

    superbe photo de la ligne d’arrivée.
    superbe récit
    superbe progression et quelle belle tranche de vie ces 5 années !!
    bravo à toi

    • Tercan

      Merci. Effectivement, à titre très personnel, ces 5 premières années de trail m’auront apporté beaucoup, c’est comme tu le dis si bien une belle tranche de vie !
      Au plaisir de te recroiser !

  • BOUH

    Bravo pour ta gesion ! Tu as réussi à te remobliser…j’ai complètement baisser les bras sur cette course ou je l’ai pris comme une sorite longue…je n’ai pas eu on mental…tu as du me doubler juste après la balme dans ce sentier super glissant plein de cailloux…Finalement on la eu notre Bovine !!
    Et pour la Led Lenser j’ai eu le même problème que toi…à peine 3 h d’autonomie…
    Superbe photo d’arrivé !!! Tu peux l’agrandir et l’encadrer celle la !!
    Je dis chapeau
    Au plaisir sur les sentiers ou devant une mousse…
    Fabrice

    • Tercan

      Merci.
      Tu as raison le plus dur finalement à été de se re-mobiliser pour cette course qui n’était pas ‘notre’ course.
      Dommage pour la Led Senser, c’est vraiment un bijou coté éclairage, mais faut vraiment faire gaffe à l’autonomie effectivement.
      Avec plaisir pour la mousse 😉

  • Elcap

    Pas impossible que je te le fasse réouvrir… ce livre UTMB 😉

  • merci pour ce beau récit !

  • Bravo pour ta perf, beaucoup de plaisir à vivre ta course à travers ton récit, la photo d’arrivée est vraiment belle et concrétise ton super parcours depuis 5 ans.
    On se croisera peut-être un jour 😉
    ++

  • Eric74

    Super sympa Cyril a lire a vivre…..
    J ai mis 5 ans a réaliser mon rêve avec une année de décalage par rapport a toi 😉

    • Tercan

      5 ans, c’est la bonne période on dirait 🙂
      Guillaume Millet disait, il me semble, qu’il fallait 5 ans pour atteindre son ‘top’ en trail
      Merci pour tes encouragements réguliers !

  • Cédric

    Halala, Cyril, tu me fais dresser les poils des bras avec ton histoire ! 😉

    Bravo, t’as été phénoménal sur ce coup là et effectivement la photo d’arrivée et les sentiments qui vont avec valent bien les sacrifices que nous impose parfois les ultras.

    Félicitations

    Cédric
    PS: et maintenant, si T capable d’envoyer en descente, faut que je vois ça ! 😉

    • Tercan

      Merci 🙂
      Effectivement, les sacrifices sont bien minces à comparé de ce qu’on peut vivre quelque fois sur ce genre de balade, tu en sais qq chose 🙂
      Quand tu veux pour une démonstration de mes nouveaux talents 😉 Mais tkt pas, je suis encore loin de toi coté descente 🙂

  • floduf

    Ben bondiou ça c’est du récit !
    Bon maintenant finit de rigoler, il va falloir passer au choses sérieuses :
    sainté d’argent !!!!!!!!!!!
    😉

    • Tercan

      Exactement, l’UTMB c’est une prépa STL 😉
      Merci… et vivement samedi soir… on a des trucs, pleins de trucs à se dire 😉
      Et t’as vu au fait, t’es citer un bon nombre de fois dans ce récit, t’es presque mon Killian à moi 🙂

  • Aurélie

    Juste un mot : FELICITATIONS !!!
    Super récit, superbe photo ….Pour eux on décrocherait la lune, non ? !!!

    • Tercan

      Et oui… autant ils ont le don de nous fatiguer parfois… autant ils ont le don de se rendre primordial et indispensable dans notre vie de tous les jours 😉

  • Guy 86

    Superbe récit. J’ai vécu le même rêve et les mêmes aléas que toi : 4 ans d’attente, la déception du changement de parcours, la Led lenser en vrac après 4 heures (pourtant testée 10 heures, OK, il se peut que la charger trop de jours en avance, elle se décharge?), releveur droit en vrac dès le passage du Signal, la longueur du bitume pour monter au parc, l’éloignement de Tines…si ce n’était mon piètre classement, c’est la “même” histoire.

    • Tercan

      Merci. Excellent cette similitude 🙂
      Le classement, bon ou moins bon, est très anecdotique à partir du moment où tu as réussit ton objectif.
      Félicitations pour avoir mener à bien ton projet !
      Et peut-être à bientôt au détour d’un sentier 🙂

  • Sab

    J’ai adoré te lire, bravo!

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